6.9.08

Gomorra, de Matteo Garrone



Grand Prix du Festival de Cannes 2008, et tiré du livre éponyme du journaliste Roberto Saviano (qui vit depuis dans un bunker protégé par la police, et à coup sûr finira avec "un pruneau dans le buffet" comme on dit dans le milieu...), c'est un film à voir, vraiment.

L'envers du décor qu'on nous montre habituellement dans les films qui mettent en scène les maffiosi, la réalité abjecte et impitoyable, des images qui on l'espère décourageront les jeunes des banlieues défavorisées des métropoles italiennes (et d'ailleurs) de devenir de nouvelles recrues... 

Un film sobre et magistral, qui donne envie de lire le bouquin, dont les révélations sont encore plus renversantes. Un film où tout est vrai... et comme chacun sait, la réalité finalement dépasse toujours la fiction.

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Babylon A.D., de Mathieu Kassovitz



Ceux qui me connaissent seront sans doute surpris que je sois allée voir ce film, le plus sévèrement "descendu" par Le Masque et la Plume la semaine de sa sortie.

Mais comme à mon habitude, je n'avais rien lu, rien entendu avant d'aller voir : j'aime me faire mon idée personnelle. Dino avait envie de le voir, ayant apprécié le roman de Dantec dont est tiré le film.

Et alors ? Bon, je ne suis pas une habituée des films d'anticipation, et n'ai donc aucune idée du caractère plus ou moins innovant du film en la matière. Je ne suis pas vraiment sensible au supposé charme de Vin Diesel (rien que le nom de cet acteur est suspect). Mais j'ai bien reconnu l'univers déjanté de Dantec, dont je n'ai lu qu'une courte nouvelle. Cependant, il paraît que Babylon Babies est quasiment impossible à transcrire en film, et qu'il a donc été largement transformé pour en faire un film...
Alors, à voir, ou pas ? A coup sûr, pas un film que je mettrai dans ma DVDthèque. Juste une expérience ponctuelle :-)

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Roman de Gare, de Claude Lelouch





Je n'avais pas vu de Lelouch depuis bien longtemps... Roman de gare est proprement ficelé et se laisse regarder... comme on lit un roman de gare : on passe un bon moment, qui ne restera pas pour autant un souvenir impérissable. 

Pas de réflexion philosophique, et des personnages somme toute assez superficiellement traités... oui, juste une bonne soirée de divertissement. Il n'est d'ailleurs pas certain que Lelouch en revendique davantage : il aime se distraire, il s'amuse bien et ça se voit, ce qui ma foi n'est déjà pas si mal.

Et pour ceux qui se demandent qui est Dominique Pinon, cité dans mon billet précédent, c'est l'acteur de la photo. Un peu hasard, d'ailleurs, de le voir apparaître justement dans le film que j'ai regardé après celui qu'il m'avait, indirectement, suggéré de revoir : cela fait partie des plaisirs de la location chez Glowria. 

En effet, si je construit soigneusement mon programme en amont, je ne sais jamais ce que je vais recevoir, qui dépend de la disponibilité des DVD au moment de ma livraison. Et les films arrivant sans leur pochette, parfois, je ne me souviens plus de qui est le film, de quoi il parle, et c'est donc la surprise en le mettant sur la platine. Une bonne surprise en principe, puisque c'est quoiqu'il arrive un film que j'ai choisi de voir.

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Manhattan, de Woody Allen



Grâce à une interview récente de l'acteur Dominique Pinon sur France Inter, j'ai eu envie de revoir Manhattan,  que j'avais beaucoup aimé lors de sa sortie au cinéma...

Il n'a rien perdu de sa fraîcheur, ni de sa profondeur sous l'apparente futilité. Comme Woody Allen, j'aime New-York et Gerschwin. 

Pour parodier le personnage d'Isaac, parmi les choses qui font que la vie vaut d'être vécue, il y a Manhattan, ce superbe film de Woody Allen.

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24.6.08

Bergman : ce que j'ai vu

Petit aide-mémoire à usage personnel pour éviter de racheter des films que j'ai déjà vus, ou sur mes étagères, dans la production copieuse de mon cinéaste préféré, que j'envisage d'avoir entièrement vue avant la fin de ma vie...

Dans ma DVDthèque :
  • La flûte enchantée
  • Cris et chuchotements
  • La fontaine d'Arethuse
  • Scènes de la vie conjugale
  • Après la répétition
  • Le rite
  • Les fraises sauvages
  • L'attente des femmes
  • Sourires d'une nuit d'été
  • L'oeil du diable
  • Sonate d'automne
  • A travers le miroir
  • Le septième sceau
  • Ville portuaire
  • La nuit des forains
  • Rêves de femmes
Déjà loués :
  • L'oeuf du serpent
  • La honte
  • Une leçon d'amour
  • Monika
  • De la vie des marionnettes
  • Saraband
  • Le silence
  • Une passion
Location prévue :
  • L'heure du loup
  • Persona
  • Toutes ses femmes
Que manque-t-il ?
  • Crise
  • Il pleut sur notre amour
  • Musique dans les ténèbres
  • La prison
  • La soif
  • Vers la joie
  • Cela ne se produirait pas ici
  • Jeux d'été
  • Au seuil de la vie
  • Le visage
  • La source
  • Les communiants
  • Le lien
  • Face à face
  • Fanny et Alexandre (vu au cinéma)
  • Les deux bienheureux
  • Le visage de Karin
  • En présence d'un clown

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18.11.07

Une leçon d'amour, d'Ingmar Bergman


Dans Une leçon d'amour, Bergman utilise le ton de la comédie pour nous montrer comment il est aussi simple de détruire ses relations de couple qu'il pourrait l'être de les préserver. David, gynécologue, a épousé Marianne... en la "soufflant" à son ami Carl-Adam... le jour même où elle devait l'épouser. Quelques années plus tard, la vie du couple s'étiole, David trompe son épouse avec une se ses clientes, avant de tenter de la reconquérir...
On retiendra de ce film bien sûr la scène du train, où David parie avec son voisin de compartiment qu'il réussira à embrasser la jolie jeune femme qui voyage à côté d'eux, pleine d'humour. Ou encore la manière dont, une seconde fois, David ravira son épouse à Carl-Adam, devenu son amant. Un mélange de grande classe et de vulgarité qu'on retrouve de temps en temps chez Bergman.
On y voit aussi Harriett Anderson, la malade de Cris et chuchotements en adolescente rebelle et garçon manqué, dont la lucidité aide sans doute David à prendre la mesure de sa situation de couple. Eva Dahlbeck, qui joue Marianne, est réellement splendide, et comme d'habitude chez Bergman, la photographie du film, en noir et blanc, est particulièrement soignée.
Sans doute pas le plus connu des films du maître suédois, mais un bon moment de cinéma, léger et profond à la fois.

On peut lire la fiche du film sur Wikipedia, et le synopsis dans les pages du Ciné-club de Caen

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3.8.07

Sonate d'Automne, d'Ingmar Bergman



Sonate d'Automne m'avait laissé une forte impression lorsque je l'ai vu pour la première fois, au moment de sa sortie en salle, en 1978. J'avais été frappée alors par l'une des caractéristiques du cinéma de Bergman : les gros plans sur les visages, qui détaillent les sentiments, fouillent l'âme, avec ce que je percevais alors comme une sorte d'indécence... Encore toute jeune femme, j'avais reçu au premier degré la haine de la fille pour sa mère, la responsabilité dont elle la charge pour justifier ses propres échecs, ses incapacités personnelles, leur incapacité à communiquer, à rétablir des liens, à se pardonner mutuellement et personnellement. Etrangement, ces impressions de premier visionnage sont tenaces, et m'habitaient encore, presque trente ans plus tard, lorsque j'ai revu le film, il y a quelques jours.

Il a fallu le petit commentaire de Liv Ullman, en contrepoint du film dans les "bonus" du DVD, pour que je prenne conscience d'autres angles possibles. Selon Liv, le procès fait à la mère est injuste, et on ne le lui fait que parce que c'est une femme : personne n'aurait l'idée de mettre en cause avec une telle violence un homme privilégiant sa carrière professionnelle, comme le fait le personnage d'Ingrid Bergman. Cette vision féministe et révoltée m'avait échappé, elle est cependant juste... même si je persiste à penser qu'une fille se défait difficilement de ce qui l'a "plombée" dans ses relations avec sa mère durant l'enfance et l'adolescence. Je ne sais pas si les garçon se construisent de la même manière par rapport à l'image du père, mais il me semble qu'une fille est toujours écartelée entre l'adhésion au modèle, parfois inaccessible (comme c'est le cas dans ce film, où la mère est une artiste éblouissante et une maîtresse femme), et sa négation totale, ce que fait la fille du film en tournant finalement sa vie vers le don aux proches, allant jusqu'à la prise en charge de sa soeur malade, malade d'avoir été délaissée par cette mère absorbée par sa carrière de pianiste...

Le jeu des actrices est saisissant. Arte m'apprend que le film a reçu deux Oscars, dont celui de la meilleure actrice pour Ingrid Bergman. C'était assurément mérité, elle est parfaite. Liv Ullman n'est pas moins étonnante : alors qu'elle était somptueuse et séduisante dans Scènes de la vie conjugale, tourné six ans plus tôt, elle apparaît ici ingrate, comme une adolescente qui n'en a pas fini avec sa crise, ce qui est exactement le cas... bien qu'elle incarne une femme proche de la quarantaine.

Un film dérangeant, puissant, et qui ne peut laisser indifférent (j'imagine que certains détestent), comme la plupart des films de Bergman.

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2.8.07

Le septième sceau, d'Ingmar Bergman



Ce film là, c'est Dino qui voulait le voir... C'est l'un des Bergman que je n'avais pas vus, avec Max Von Sydow et Bibi Andersson, deux acteurs fétiches du maestro. Pas mon préféré, mais qui mérite d'être vu... mais suis-je encore objective lorsqu'il s'agit de mon réalisateur favori ? Inutile de dire que sa disparition m'affecte, même s'il était peu probable qu'il fasse encore des films. La seule consolation, c'est qu'une grande partie de son oeuvre est éditée en DVD, et qu'on peut donc voir et revoir ses films, suivre son évolution dans l'ordre ou picorer dans le désordre, et recommencer lorsqu'on a fini...

Nous sommes au Moyen-Age, en Suède. Un chevalier qui rentre des croisades croise la Mort sur une plage, alors qu'il est presque arrivé chez lui. Désabusé, se demandant si Dieu existe, si lui-même croit encore, le chevalier négocie cependant avec la Mort : avant de disparaître, il veut un répit pour tenter de trouver une réponse à ses questions, et joue son délai dans une partie d'échec avec la grande faucheuse.

Pendant ce temps, la peste fait rage, et le clergé en profite pour tenter de mystifier les foules en menaçant du grand châtiment. Heureusement, il reste un trio de jongleurs, qui déambulent de village en village, tentant de gagner leur pitance en intéressant les villageois au théâtre, à la poésie, à la musique. Le jeune couple est amoureux, et fait des châteaux en Espagne pour son tout jeune fils, aussi blond et charmant que sa maman. Le "manager" de la troupe, un célibataire déjà mûr, séduit les femmes sur son passage. Ces trois là, je devrais dire les quatre, car l'enfant tient son rôle, apportent la fraîcheur, la fantaisie, une forme d'optimisme basé sur la vie bien tangible et les bonheurs simples qu'elle peut donner, qui éclairent les derniers moments du chevalier, à défaut de lui apporter les réponses qu'il attend.

Quoiqu'il arrive, Dieu et la croyance restent un mystère, comme la joie de vivre, et la Mort finit toujours par l'emporter sans dire où elle vous emmène, même quand on est un stratège des échecs... distrait peut-être justement par les jongleurs au moment où la Mort avance dangereusement ses pions...

La photo du film, en noir et blanc, est splendide. Bibi Andersson aussi. Un classique incontournable, sans doute à voir plusieurs fois pour en capter tout le sens, qui ne se livre pas si facilement...

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Certains l'aiment chaud, de Billy Wilder



Je n'avais jamais vu ce grand classique avec Marylin Monroe, Tony Curtis et Jack Lemmon. C'est la magie du DVD que de nous permettre de revoir ces vieilles comédies en noir et blanc.

La trame est assez fine : deux musiciens au chômage se travestissent pour se faire embaucher dans un orchestre de femmes et échapper à la mafia qui cherche à éliminer ces deux témoins gênants d'un règlement de compte. Voilà nos deux compères embarqués pour la Floride, avec un régiment de filles beaucoup plus dissipées que ne le souhaiteraient leur manager et leur chef d'orchestre. L'un, séduit par la belle Marylin, qui chante et joue du youkoulele, se fait passer pour un jeune milliardaire désespéré pour la séduire, tandis que l'autre, sous son apparence de femme, séduit un vieux bambocheur plein aux as qui veut l'épouser et le présenter à sa maman.
De quoi enchaîner les scènes burlesques et les éclats de rire...

Monroe est éblouissante, parfaitement mise en valeur par une série de tenues vestimentaires à tomber par terre, et on comprend l'attraction qu'elle a pu exercer sur les hommes. Quant aux deux lascars, ils sont vraiment à se rouler par terre dans leurs accoutrements de femmes, qui les font ressembler à deux vieilles filles.

Bref un divertissement sympathique qu'il faut incontestablement avoir vu.

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14.7.07

De la vie des marionnettes, d'Igmar Bergman



Bergman étant mon cinéaste fétiche, je profite de mon abonnement Glowria pour voir les films que je ne connaissais pas, comme celui-ci... et revoir les autres.

Wikipedia m'apprend que ce film, qui parle Allemand, a été tourné pour la télévision allemande, en 1980, avant d'être diffusé en salles. Comme toujours, Bergman ne fait pas dans la dentelle... Il explore ici les fantasmes morbides de Peter Egerman, et ses complexes relations de couple avec la belle Katarina, qu'il rêve de tuer. Il finira par assassiner une prostituée qui porte, ironie, le même prénom...

Le film met en scène les dialogues entre Peter et son psychanalyste quelques jours avant "l'accident", les relations du couple, et les interrogatoires de l'enquêteur de police chargé d'élucider le crime... Une plongée inquiétante dans les méandres de la psychologie humaine, où Bergman se situe comme toujours en dehors de la morale, on pourrait dire "à côté", pour jeter une lumière crue sur nos pensées les plus sombres, nos tortures mentales, et tenter de comprendre comment nous fonctionnons...

Fascinant.

Pour en savoir plus sur Bergman et son oeuvre, et notamment sur ce film, on peut utilement se référer au site érudit du Ciné-Club de Caen.

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5.7.07

La Rose Pourpre du Caire, de Woody Allen


Un vieux Woody, parmi mes préférés, que j'ai eu grand plaisir à revoir et qui a beaucoup plu à Dino. C'est l'un des films où le réalisateur ne joue pas, mais met en scène l'une de ses actrices fétiches, Mia Farrow. Elle incarne ici une jeune femme modeste, dans l'Amérique profonde des années trente, frappée par la crise. Serveuse dans un restaurant, mariée à un ouvrier au chômage qui boit et qui la frappe, Cecilia s'évade de ce quotidien morne au cinéma. Et un beau jour, le personnage d'un film qu'elle voit pour la quatrième fois sort de l'écran pour venir à sa rencontre...

Loufoque, touchant et drôle, évidemment, le film s'amuse en jouant des conventions mêlées des deux univers, celui du cinéma et de la vie réelle, confrontant les personnages à des situations inattendues, qui bouleversent la vie de Cecilia.

Le film se termine par une sorte de morale cruelle, morsure assez juste sans doute de Woody Allen à l'égard du milieu cinématographique où tout ce qui compte, ce sont... les apparences.
Un très bon moment de cinéma, plein de fraîcheur et d'inventivité, un divertissement intelligent.

J'aime bien la critique de Ciné Passion...

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5.6.07

Just a kiss, de Ken Loach



Pas le meilleur Ken Loach à mon avis, bien que je ne sache pas dire pourquoi.

Le thème, qui touche aux problématiques de l'intégration et des relations entre les différentes communautés religieuses, est tout à fait contemporain, et a priori dans le registre de ce que Loach sait bien traiter. Il l'aborde au travers des relations amoureuses entre un fils d'immigrés pakistanais, et une jeune irlandaise, dans la ville écossaise de Glasgow, dont on sait par ailleurs que la crise économique ne l'a pas épargnée dans les années 80/90.

Les acteurs sont beaux et jouent plutôt juste. Le film met bien en évidence les nuances de l'intolérance dans chacune des communautés, et la difficulté à rompre une relation affective avec sa famille, pour en construire une autre, avec une femme. Le tout sans caricature me semble-t-il, ça sonne plutôt juste.

Et pourtant, je ne sais pas pourquoi, cela m'a laissée froide...

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1.6.07

Dersou Ouzala, d'Akira Kurosawa



Ce qui m'a le plus frappée dans ce film, outre l'étonnante personnalité du chasseur mongol qui donne son nom au film, ce sont les paysages. Grandioses, sauvages, hostiles et magnifiques à la fois. Il fallait un sacré courage aux topographes pour partir dresser la cartographie de la Sibérie... et plus encore sans doute au chasseur pour y vivre, grâce à son incroyable précision de tir, à sa connaissance du territoire, et à son respect de la nature.
L'histoire d'amitié entre le topographe russe et le chasseur nous touche forcément, mais plus encore peut-être le déclin du chasseur, qui ne peut plus subvenir à ses besoins dans la nature, sa vue diminuée l'amputant de son adresse au tir, mais ne peut davantage s'adapter à la vie sédentaire et citadine que lui propose le topographe qui l'installe dans sa propre maison.
Une réflexion intemporelle sur les relations humaines, la place de l'homme dans la nature, et la délicate transition vers le troisième âge, qui reste complexe pour les individus comme pour la société...

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12.5.07

Lady Chatterley, de Pascale Ferran



Je voulais voir ce film depuis un moment. Ma vie de ouf me laissant peu de loisir pour aller au cinéma, il fallut donc attendre la sortie DVD. J'ai lancé le film avec une légère appréhension : on est régulièrement déçu par les films dont on a entendu tant d'éloges. Mais ces lauriers là sont mérités : Lady Chatterley est un film éblouissant, j'allais dire quasiment parfait.

D'abord par le choix du propos. Je ne me souviens plus très bien du livre de DH Lawrence, que j'ai lu il y a longtemps, et que je m'en vais de ce pas relire, pour le plaisir de rester dans l'ambiance du film. Mais après tout, qu'importe la fidélité ou pas à l'ouvrage, l'esprit de l'auteur est respecté, pour qui, selon Malraux, "ce n'est pas par la conscience de ce qu'il a de particulier que l'individu s'atteint, c'est par la conscience de ce qu'il a de plus commun avec tant d'autres : son sexe... Lawrence ne veut être ni heureux ni grand, il veut être."

Lady Chatteley
nous parle de l'amour dans ce qu'il a de plus universel, en ce qu'il est le plus universel des sentiments. Aucun critère ne le détermine, et ce n'est pas le réduire de dire que c'est d'abord une attirance irraisonnée, une alchimie mystérieuse que l'on ne comprend pas soi-même au moment où elle opère, et à laquelle il suffit de se laisser aller, de "lâcher prise", selon une expression si souvent employée de nos jours par les psys et autres sexologues. Constance adopte d'emblée cette posture, et comme le lui dira Parkin, accepte de s'ouvrir totalement, étape par étape. Cette progression est magistralement traitée par Pascale Ferran. J'ai aimé, et tant pis si l'image peut sembler convenue, l'association au déroulement des saisons : l'éveil au printemps, l'exubérance en été, la thésaurisation à l'automne. Constance, comme Parkin, sont en harmonie avec la nature, et la photographie du film nous le fait toucher du doigt.
Mais surtout, c'est l'intimité progressive des personnages, la liberté qu'ils se donnent peu à peu, et que l'image nous offre avec une infinie finesse, mâtinée d'une audace à mon sens peu commune. Tout est montré, et aucune image n'est choquante, ni vulgaire, ni excessive. Tout est à sa place, sincère et authentique. Et, oui, évidemment, d'un érotisme torride, parce que tout un chacun peu s'identifier sans retenue ni culpabilité : tout coule de source (hum, ça m'évoque les passages où Constance boit à la source qui coule dans le parc, tout à fait désaltérants).
Je ne parlerai pas du propos social, même s'il reste plus actuel qu'on pourrait le croire...
La justesse du propos de Ferran tient sans doute pour une bonne part au casting. Pas d'esthétisme excessif, des personnages assez banals pour être universels. Et une caméra qui sait mettre en valeur l'épanouissement progressif de Constance, qui devient de plus en plus splendide, sans pour autant perdre de sa simplicité et de son authenticité. Chapeau aussi à Hippolyte Girardot pour la performance d'acteur.
J'ai beaucoup aimé les dialogues aussi, y compris entre les deux époux Chatterley : là encore, finesse, audace et retenue mêlés, pas d'inutile blabla, et cependant tout est dit...

A voir donc, et à revoir sûrement, une sorte de référence cinématographique : peu de films selon moi ont traité de l'amour avec autant de justesse, et nous donnent tant de pistes à explorer, sans jamais pour autant nous faire la leçon.

Valclair a une opinion plus nuancée, mais il a choisi la même photo que moi pour illustrer son post...

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22.4.07

Babel, d'Alejandro González Inárritu


Peut-être ai-je trop longtemps négligé le grand écran, et je suis peut-être "larguée", mais... j'ai du mal à comprendre qu'on ait qualifié ce film de chef d'oeuvre. Certes, comme le mentionne l'Humanité, le film souligne bien que "mondialisation oblige, comme le suggère le titre, tout ce qui se produit ici où là va avoir des conséquences ailleurs".

D'autres pourraient évoquer le battement de l'aile du papillon qui engendre un cyclone à l'autre bout de la planète, car en effet, toute une série de drames tient à peu de choses, à de stupides jeux d'enfants en l'occurrence. Surtout à l'inconséquence humaine à mon sens, car on n'a pas idée de confier une carabine à des gamins laissés seuls avec leur troupeau de chèvres. Et, comme cette inconséquence, bien des passages du film soulèvent mon indignation... Je dois être une vieille ringarde...

D'ailleurs, Valclair, dont je partage régulièrement les goûts littéraires ou cinématographiques a aimé, lui...

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Koyaanisqatsi, de Godfrey Reggio


Koyaanisqatsi est l'un des premiers films que j'ai inscrits sur ma liste Glowria.
Je l'avais vu peu après sa sortie en DVD, mais on peut le revoir des dizaines de fois... Ni documentaire, ni histoire racontée, les films de la trilogie de Godfrey Reggio sont des films à part. Des images à tomber à la renverse, belles, étonnantes, effrayantes parfois, insolites aussi de part leur montage, qui accélère ou ralentit le temps, magnifiées par la musique de Philip Glass, dont je ne me lasse pas. Des films à message, qu'on peut interprêter et réinterprêter sans doute, mais qui sonnent souvent comme une mise en garde... Que faisons-nous de notre planète ? Quel est le sens de l'agitation humaine ? Nos activités produisent des merveilles, mais autant de catastrophes, de nuisances, et de choses inutiles. Dans cette trilogie, les humains ne sont pas regardés sous l'angle du destin individuel, mais plutôt des activités collectives. Vue de haut, comme une colonie de fourmis industrieuses et souvent dévastatrices, la civilisation pose question. On s'interroge comme le ferait un éthologue observant une société d'insectes... Je ne suis pas capable d'en tirer des conclusions. Je reste simplement troublée, mais toujours aussi fascinée par ces images...


Trois liens indispensables pour en savoir plus :

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23.10.05

Les frères Grimm, de Terry Gillian


Ma rubrique Cinéma est un peu vide depuis quelques temps... L'écran devant lequel je passe le plus de temps est celui de mon ordi... Dino a décidé hier soir de m'emmener vers des perspectives plus larges, et c'est lui qui a choisi le film.
Je suis ressortie du cinéma un peu secouée, et assez perplexe : il faut dire que je m'expose peu aux superproductions qui de nos jours remplissent les salles. Certaines trouvailles m'ont séduites je l'avoue, comme de transformer les deux frères collectionneurs de contes et légendes en escrocs montant des mises en scènes spectaculaires pour, soi-disant, éradiquer sorcières et mauvais esprits importunant leurs compatriotes, le tout bien sûr contre paiement sonnant et trébuchant. Et globalement, le scénario tient plutôt bien la route, réinventant la magie des contes de fées, dans une vision actualisée, mais respectant les règles traditionnelles du conte, magie et happy-end inclus.
L'humour m'a semblé plus décevant, pas à la hauteur en tous cas d'un ancien Monty Python : manque de finesse, et manque de grotesque.
Et puis, je suis sans doute de la vieille école, mais ce qui m'a le plus étonnée et déplu, c'est l'agressivité générale du film, dans son traitement cinématographique. Personnellement, voir des images violentes ne me défoule pas, au contraire, ça me crispe. J'étais donc un peu déçue de ressortir de la salle sans m'être vraiment détendue, alors que le propos du film est le pur divertissement...

Mais faites-vous votre propre idée en consultant la présentation et les critiques sur AlloCiné, où j'ai volé ma photo comme d'hab', la critique de Télérama (oui je sais, je suis snob et intello), et le site web du film.

Et si ça vous donne envie d'en savoir plus sur les vrais frères Grimm, vous pouvez toujours aller faire un tour sur Wikipédia, et vous replonger dans les contes de votre enfance. Personnellement, j'ai toujours adoré les contes de fées...

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13.7.05

La moustache, d'Emmanuel Carrère


J'avais beaucoup aimé le livre lorsqu'il était sorti... Mes amis le trouvaient dingue, trop farfelu. C'est peut-être ce qui me plaisait. Non, en fait, ce que j'avais aimé, ce que j'aime toujours, c'est une histoire qui part d'un argument ténu, banal, ici la décision de Marc de raser sa moustache, pour déboucher sur une réflexion universelle. Ici un abîme. Où est la frontière de la folie ? Jusqu'où le couple est-il solide ? Est-ce que c'est lui qui nous tient à la surface de l'eau ou au contraire nous entraîne à la dérive ? Qu'est-ce qui est vrai ? Ce que je fais ? ce que je vois ? ce que je pense ? ce que je sens ? Nous voilà entortillés dans la pensée du personnage, magistralement interprété par Vincent Lindon, désespérés et perdus comme lui... Le tout sur l'obsédante et splendide musique de Philip Glass, qui ajoute à la dramaturgie : un choix formidable, comme celui des acteurs...

Forcément, les avis sur ce film sont partagés : tout le monde ne supporte pas l'inconfort d'une telle réflexion, la résonnance, de sensible à glauque, qu'elle éveille au fond de nous, la panique même qu'elle peut susciter. Cependant, sur Allo Ciné, les critiques de presse comme des spectateurs sont plutôt positives. Ecran Large est un peu plus mitigé, et s'est perdu dans la seconde partie du film. L'Humanité a plutôt aimé, et nous propose une interview d'Emmanuel Carrère, auteur du livre et réalisateur du film. Pour visionner quelques images au son de la belle musique de Glass, on peut aussi visiter le site du film.
Quant à moi, je crois que je vais relire le bouquin...

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9.1.05

Rois et reine, d'Arnaud Desplechin


Si j'ai choisi cette photo pour illustrer mon post, c'est que le dialogue entre Ismaël et Elias dans le Musée de l'Homme (le lieu n'est sans doute pas neutre...) est sans conteste pour moi le plus beau moment du film... Le personnage interprêté par Mathieu Amalric y explique à l'enfant pourquoi il ne sera pas son père adoptif, malgré tout l'amour qu'il a pour lui, avec des mots qui nous prouvent qu'il n'est pas si fou qu'on voudrait nous le faire croire. Je pense que je n'oublierai pas cette petite phrase : "les souvenirs, ce n'est pas ce qu'on a perdu, mais ce qui nous appartient"...
Comme toujours, Desplechin est assez déjanté, et les personnages ne sont pas ce qu'ils veulent paraître... Emmanuelle Devos interprête remarquablement le personnage de Nora, sainte-nitouche qui nous dévoilera la noirceur de ses mains au fil de l'histoire, sans jamais perdre sa beauté innocente et lumineuse. Elle ment avec un aplomb remarquable, même quand sa peau porte les stigmates de sa honte, et elle rayonne mieux encore sur les cendres de ses crimes... Haïssable peut-être, mais ô combien fascinante ! Mathieu Amalric est toujours égal à lui même, parfaitement convaincant dans les rôles de loosers magnifiques qu'il rend totalement plausibles... et pleins de charme.
Je ne suis pas capable de vous décrypter toutes les allusions mythologiques et religieuses dont le film est semé : je m'en aperçois seulement maintenant, quelques dizaines de minutes après être sortie de la salle... et ne suis pas assez érudite pour vous en livrer les clefs. Mais si vous l'êtes plus que moi, vous serez plus attentifs et pourrez collectionner les indices, pour reconstituer tout le puzzle...
Quelques autres critiques pour vous faire une idée ? Moi je les lis toujours après avoir vu le film... mais vous ferez comme vous voudrez ! Allo Ciné donne sa traditionnelle fiche technique, avec galerie photo, résumés de presse et parcours des acteurs, et tous les horaires en salle. Bac Films vous permet d'accéder au dossier de presse avec toutes les photos. J'ai bien aimé la critique de fluctuat.net, un site que je ne connaissais pas. Télérama a aimé le film, et Le Monde aussi (mais la critique n'est plus accessible aux non-abonnés)
Il ne vous reste plus qu'à voir de vos yeux, j'ai aimé, j'espère que vous aimerez aussi...

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25.12.04

Saraband, d'Ingmar Berman (2)


J'ai enfin pu voir l'œuvre, dont ma Maman m'a enregistré la VO passée sur Arte. Sans doute, ce ne sera pas mon Bergman préféré, en dépit des critiques dithyrambiques de la presse, peut être influencée par le fait qu'il s'agisse de manière quasi certaine du dernier film du « maître »...
Personnellement, je ne suis pas forcément touchée par la mise en scène d'acteurs âgés, qui osent se montrer tels qu'ils sont en dépit des ravages de l'âge. Je considère cette démarche comme normale... même si en effet Bergman est l'un des rares réalisateurs à la mettre en scène. Ce qui m'a en revanche frappée, c'est que Liv Ulmann se met à ressembler à Anna Schygulla, qui fait aussi partie de mes actrices fétiches, dans les expressions les plus douces, les plus féminines de leurs physionomies respectives. En revanche, bien sûr, j'adhère à la musique : Bach est pour moi le musicien qui a le mieux exprimé tous les états de l'âme humaine, et sa musique atteint la perfection.
Bergman n'a rien perdu de sa puissance, de sa violence... et c'est peut-être ce qui m'étonne : à plus de 80 ans, il n'est toujours pas en paix avec lui-même, il ne pardonne rien à personne, et sans doute pas à lui-même. Sa vision du couple apparaît plus tourmentée, plus pessimiste que dans « Scènes de la vie conjugale ». Les années n'adoucissent pas les souffrances, et isolent les individus plus que jamais. La communication, la consolation réciproque, semblent compromises, voire illusoires, et le souvenir des haines est plus vivace que celui des tendresses et de la complicité... bien que le contact de la chair qui fut aimée reste le seul antidote contre l'angoisse de la mort... et peut-être la seule révélation qui permette à Marianne de se sentir enfin mère, de percevoir concrètement ce qu'est le lien du sang...Mais chacun reste malgré tout seul avec ses doutes, et quasi incapable de communiquer avec ses proches.
Davantage que dans ses autres films, la seule lumière potentielle vient des femmes, qui ont sans toujours le savoir, le pouvoir de la dispenser ou non. Mais Johann est jaloux de celle offerte à son fils par Anna, et incapable de capter celle que Marianne est peut-être prête à lui offrir. Et Henrick veut voler celle de sa fille pour remplacer celle de sa femme défunte. Plus que jamais, on se demande ce qui peut rendre ces hommes aimables...et je trouve que Bergman noircit le tableau, sans doute parce que je suis une femme, et que c'est d'abord le regard des hommes qui éclaire ma vie.
Bergman n'a pas de morale, et j'adhère à cette vision du monde : pour se trouver soi-même, et tenter de trouver son alter ego, il faut mettre la morale hors champ, et se mettre à l'écoute de sa voix intérieure, dépouillée de tout le reste. Ce n'est pas la vision de mon père, pour qui l'approche de Bergman est déviante et destructrice. Pour ma mère, ce film ramène à la folie, au dérangement mental, à fuir à tout prix. C'est intéressant de discuter d'un tel film avec ses parents. Eux ne l'ont pas aimé. Moi, quand je vois un Bergman, je ne me demande pas si j'aime ou pas le film. J'aime Bergman parce qu'il me fait réfléchir, parce qu'il m'ouvre des portes mentales et balise mes chemins intérieurs, parce qu'il me permet de comprendre des personnalités différentes de la mienne. Et ce film, comme les autres, ensemence une réflexion qui durera sans doute plusieurs années... Et donc, pour cette seule raison, il s'agit pour moi d'un bon film.
Pour les liens, se reporter à mon premier post sur le film, auquel j'ajoute le post de Valclair, qui en parle assez bien, et que je salue au passage.

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